Pour éviter une intoxication au monoxyde de carbone quand on rallume le chauffage, il faut faire vérifier ses appareils par un professionnel avant la mise en route, aérer au moins 10 minutes par jour et ne jamais boucher une ventilation. Ce gaz invisible et sans odeur frappe surtout entre l’automne et le printemps, au moment où chaudières, poêles et inserts reprennent du service.
- ▸Environ 3 000 personnes sont intoxiquées chaque année en France, et le monoxyde de carbone cause une centaine de décès.
- ▸La chaudière reste l’appareil le plus souvent en cause, devant les poêles, inserts et chauffages d’appoint.
- ▸Entretien annuel, ramonage, aération quotidienne et ventilations dégagées : ce sont les quatre gestes de base.
- ▸Maux de tête, nausées, fatigue chez plusieurs personnes du foyer : on aère, on sort et on appelle le 15, le 18 ou le 112.
Plan de l'article
- Pourquoi le risque grimpe dès la reprise du chauffage
- Quels appareils de la maison peuvent produire du monoxyde de carbone ?
- Les gestes à faire avant de rallumer chaudière ou poêle
- Les erreurs qui provoquent le plus d’intoxications
- Reconnaître une intoxication et réagir
- Un détecteur de CO est-il obligatoire ?
- Questions fréquentes
Pourquoi le risque grimpe dès la reprise du chauffage #
Le monoxyde de carbone (CO) se forme quand un combustible brûle mal : gaz, fioul, bois, charbon, GPL. Un appareil encrassé, un conduit obstrué ou une pièce trop calfeutrée suffisent à faire monter sa concentration sans que personne ne s’en rende compte.
L’automne cumule ces facteurs. Les appareils redémarrent après des mois d’arrêt, on ferme les fenêtres et on bouche parfois les entrées d’air pour garder la chaleur. Selon Assurance Prévention, près de 9 intoxications sur 10 surviennent dans l’habitat, et la chaudière arrive en tête des appareils en cause.
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Quels appareils de la maison peuvent produire du monoxyde de carbone ? #
La liste publiée par l’Assurance Maladie couvre tous les appareils à combustion, pas seulement la chaudière. Le tableau résume les situations à surveiller.
| Appareil | Situation à risque | Geste de prévention |
|---|---|---|
| Chaudière (gaz, fioul, bois) | Appareil non entretenu, mauvaise évacuation des fumées | Entretien annuel par un professionnel |
| Poêle, insert, cheminée | Conduit encrassé ou obstrué, refoulement | Ramonage avant la saison de chauffe |
| Chauffe-eau à gaz | Pièce sans ventilation | Contrôle annuel, aérations dégagées |
| Chauffage d’appoint à combustion | Utilisation en continu | Usage ponctuel, notice du fabricant |
| Groupe électrogène, brasero, barbecue | Utilisation dans un lieu fermé | Toujours dehors, loin des ouvertures |
Les gestes à faire avant de rallumer chaudière ou poêle #
Le premier geste est réglementaire : l’entretien annuel de la chaudière est imposé par le décret n° 2009-649 du 9 juin 2009 pour les chaudières de 4 à 400 kW. Le professionnel contrôle la combustion, nettoie l’appareil et remet une attestation à conserver.
Pour un poêle, un insert ou une cheminée, le ramonage du conduit passe avant la première flambée. Un conduit encrassé ou un nid d’oiseau suffit à refouler les fumées dans la pièce.
Au quotidien, l’Assurance Maladie recommande d’aérer au moins 10 minutes par jour, même par temps froid, et de ne jamais obstruer les grilles de ventilation ni les entrées d’air des fenêtres.
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Les erreurs qui provoquent le plus d’intoxications #
Plusieurs usages reviennent dans les consignes officielles. Ils paraissent anodins mais concentrent une grande partie des accidents domestiques graves.
- ✓Faire tourner un chauffage d’appoint à combustion en continu, au-delà de l’usage prévu par le fabricant.
- ✓Se chauffer avec un four, une cuisinière ou un barbecue.
- ✓Utiliser un groupe électrogène à l’intérieur, dans un garage ou près d’une fenêtre ouverte.
- ✓Calfeutrer les aérations pour gagner quelques degrés.
- ✓Brûler un combustible non prévu pour l’appareil.
Reconnaître une intoxication et réagir #
Les premiers signes sont des maux de tête, des vertiges, des nausées et une fatigue inhabituelle. Ils sont faciles à confondre avec une grippe ou une indigestion. Un indice doit alerter : plusieurs personnes du foyer, ou les animaux, présentent les mêmes symptômes, qui s’atténuent dehors.
La conduite à tenir est simple : ouvrir portes et fenêtres, arrêter l’appareil si possible, quitter le logement et appeler le 15, le 18 ou le 112, même si les symptômes semblent légers. On ne rentre qu’après le passage d’un professionnel qui a trouvé la cause.
Un détecteur de CO est-il obligatoire ? #
Non. Contrairement au détecteur de fumée, imposé dans tous les logements depuis 2015, le détecteur de monoxyde de carbone reste facultatif, comme l’a rappelé le gouvernement en réponse à une question écrite à l’Assemblée nationale. Un détecteur de fumée ne repère pas le CO.
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Si vous en installez un, choisissez un modèle conforme à la norme NF EN 50291 et placez-le près des chambres et des appareils à combustion. Il complète l’entretien sans le remplacer : Assurance Prévention rappelle que ces détecteurs ne suffisent pas à eux seuls à éviter les intoxications.
Questions fréquentes #
Le monoxyde de carbone a-t-il une odeur ?
Non. Le monoxyde de carbone est incolore, inodore et non irritant. Seuls les symptômes (maux de tête, nausées, vertiges) ou un détecteur conforme à la norme NF EN 50291 permettent de soupçonner sa présence.
Qui doit payer l’entretien de la chaudière dans un logement loué ?
L’entretien annuel courant est à la charge du locataire, qui doit pouvoir présenter l’attestation remise par le professionnel. Le remplacement de la chaudière ou les grosses réparations restent à la charge du propriétaire.
Que faire si plusieurs personnes ont mal à la tête près d’un poêle ou d’une chaudière ?
Ouvrir portes et fenêtres, arrêter l’appareil si possible, quitter le logement et appeler le 15, le 18 ou le 112. Ne rentrer qu’après l’intervention d’un professionnel qui a identifié la cause.
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